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VIP-Blog de genoveffa
  • 4 articles publiés
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  • Créé le : 02/09/2008 13:55
    Modifié : 16/09/2008 09:54

    Fille (43 ans)
    Origine : Vauréal
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    chapitre 1 suite

    16/09/2008 09:54

    chapitre 1 suite


                Le nez dans son verre, Thibault, écoute, une fois de plus, le boléro de Ravel. Cela fait plus de mille fois qu’il l’entend, il le connait par cœur ! Et alors ! Qu’est-ce que ça peut faire ! Un rapide regard sur son téléphone ; 25 appels en absence ! Ah oui ? Cela ne le dérange pas plus que ça. Pour le moment, il a d’autres chats à fouetter, il faut qu’il termine ses croquis. Il reprend son crayon. Mais sa main reste levée. Il est incapable de tracer même un simple trait. Son esprit est embrumé. Et l’alcool n’est pas le seul responsable. Finalement, il vide son verre d’une seule traite et le rempli à nouveau. « Je m’arrêterai quand elle sera vide ! » pense-t-il. Il regarde par la fenêtre. La nuit est tombée avec son lourd manteau d’ombres et d’angoisses. Pas une étoile pour l’éclairer. La lune se cache derrière de gros nuages noirs. Et pour compléter le tableau, le vent se lève et fait entendre sa colère. La tempête pointe le bout de son net. « Si la météo s’en mêle maintenant ! » se dit-il.

    - C’n’est pas par ce temps que je vais pouvoir reprendre la route, se dit-il un rictus sur les lèvres.

    L’horloge égrène le temps aussi vite que la bouteille se vide. Ivre d’alcool et de fatigue, Thibault finit par s’écrouler sur son bureau.

     

                Et les cauchemars de reprendre de plus belle !

    Ils sont dans la voiture. Le temps est clair. La nuit étoilée illumine la route de mille feux. Yann dors à l’arrière. Gwenn somnole, laissant tomber sa tête sur la vitre. Thibault se sent bien. La soirée fut très agréable. Un peu arrosée certes, mais ce n’était pas la première fois.  Il connaissait la route par cœur. Il avait confiance en lui. Trop ! Il avait suffit de quelques secondes pour perdre le contrôle de son véhicule.  Et la voiture c’était enroulée autour du vieux chêne centenaire.

               

                A son réveil, Guillaume était là, en uniforme, le regard humide, le sourire crispé. Thibault avait essayé de prononcer un mot, en vain. Alors Guillaume s’était décidé.

    - Tu as eu un accident en rentrant chez toi. Tu as perdu le contrôle de ta voiture. Je suis désolé, balbutia-t-il.

    Se raclant la gorge, Guillaume cherchait ses mots. Des mots qui allaient faire mal, atrocement mal. Les yeux de Thibault le suppliaient de lui dire toute la vérité.

    - Gwenn est morte sur le coup. Yann est dans le coma. Les médecins ne sont pas optimistes.

    Ce fut le choc ! Une douleur horrible brulait la poitrine de Thibault. Il souffrait des paroles qu’il venait d’entendre. Gwenn ! Sa douce Gwenn ! Morte ! A jamais ! Et Yann ! Etat critique ! Comas !

             Durant deux longues semaines, Thibault ne quitta pas le chevet de son fils. Il vit les derniers souffles de sa petite vie s’enfuir, ne laissant sur le lit blanc, qu’un corps pâle, sans couleur. Il s’écroula sur son fils, et pleura, pleura, pleura ! La douleur était encore plus forte. A peine Gwenn mis en terre, qu’il devait regarder le petit cercueil blanc descendre dans ce trou noir, sinistre et froid.

             Depuis ce jour funeste, Thibault trainait chez lui comme un zombie, appelant de tout son être la visite de Lancou. Mais celui-ci restait sourd à ses appels. Après plusieurs mois, il  finit par reprendre le travail, mais rien n’était plus pareil. Il n’avait plus aucun goût à se qu’il faisait. Et retourner chez eux devenait un supplice de chaque instant. Il savait qu’il était responsable de la mort des deux êtres qu’il aimait le plus au monde. Et maintenant, il payait cher, très cher, son égoïsme. Petit à petit, ses amis s’étaient éloignés de lui. Seul Guillaume était toujours présent. Il essayait du mieux qu’il pouvait de l’aider à reprendre pied. Mais cela devenait presque mission impossible.

    - Ecoute vieux, cela va faire plus d’un an que tout cela c’est passé. Il faut que tu parviennes à te pardonner. Il faut que tu reprennes le cours de ta vie. Il faut te secouer un peu. Gwenn et Yann n’aimeraient pas te voir comme ça.

    Thibault fit tomber un vase brusquement et hurla :

    - De quoi te mêles-tu ? Qui es-tu pour parler à leur place ? Dégage, laisse moi tranquille, je n’ai pas besoin de toi.

    Il chassa Guillaume en le poussant violement vers la porte.

    - Vas-t-en !

    Guillaume sort.

    - Arrête tes conneries ! Tu as assez payé ! Mais puisque tu le prends comme ça, je m’en vais. Si un jour tu décides de reprendre tes esprits, tu sais ou tu peux me trouver.

     

             Une branche frappe violement sur la vitre. Le vacarme du vers cassé réveil Thibault en sursaut. Il est en sueur, le regard vitreux. Un mal de crâne commence à taper dans sa tête. Il se masse les tempes.

    - Je suis vraiment un con !

    Il jette la bouteille dans la poubelle, et va se rafraichir le visage. En se regardant dans la glace, il découvre un visage rongé par la fatigue, la douleur et l’alcool. Une barbe hirsute couvre ses joues. Ses lèvres sont pâles. Ses yeux de bleus ont viré au gris vitreux.

    - Oui, je suis vraiment un con ! Il est temps que j’arrête avec toutes ses conneries. Je dois agir et au plus vite !

     

             C’est d’un pas décidé qu’il sort de son bureau et prend sa voiture.



    Commentaire de Angélique (16/09/2008 17:08) :

    Pas cool de ne pas avoir mis la suite je reste baveuse moi qu'est ce qui va se passer quand il va partir en voiture ????????? Bisous ma belle





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    10/09/2008 16:00

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    Commentaire de revebleu-1944 (10/09/2008 19:10) :

    bonsoir++++5 pour toi @ bientôt merci DANY jolis ton blog besoin de vous +5 sur booster merci





    UNE NOUVELLE HISTOIRE

    08/09/2008 17:47

    UNE NOUVELLE HISTOIRE


    AMOUR AMER

     

     

     

    Chapitre 1

     

    Regardant par la fenêtre, Antoine se demande si l’océan est aussi bleu que le ciel au dessus de ces montagnes ? Et l’écume ressemble-t-elle au blanc de ses neiges éternelles ? Les bateaux voguent-ils au-delà des mers pour tomber dans de nouveaux territoires ? Que de questions pour un petit garçon de 10 ans coincés dans les vertes vallées de ses Vosges natales. Il regarde les posters accrochés aux murs de sa chambre. Il rêve de s’y plonger un jour et d’aller découvrir les fonds sous-marins à la recherche de trésors engloutis. Il se voit pirate au grand cœur, allant sauver la belle indigène des griffes du félon capitaine du roi. Il part à l’abordage d’une caravelle espagnole, prenant tous les lingots d’or au fond de la calle. Il pointe son sabre et fait tomber dans les vagues tumultueuses les mutins qui ont voulus lui prendre son navire. Il est le seul maître à bord, après Dieu bien sûre.

    - Antoine, c’est l’heure de te coucher. Vas te brosser les dents, je monte te dire bonsoir.

    La voix de son grand-père retentit dans le chalet. L’escalier craque sous les pas du patriarche. La porte grince et l’homme  à la barbe blanche entre et lui sourit. Antoine, le dentifrice autour de la bouche, lui rends son sourire.

    - Allez mon garçon, il est grand temps que tu éteignes la lumière. Demain, c’est ton dernier jour de classe avant les vacances. Après, tu auras tout le temps de rêvasser.  

    - Oui Papet, je me dépêche.

    Le garçonnet finit sa toilette, aussi rapide qu’une lame de fond soulevant un navire. Il s’installe dans son lit. Son grand-père se penche et lui dépose, tendrement, une bise sur son front. Il remonte les draps et le borde. L’enfant se blottit sous ses couvertures ; ferme les yeux ; et se prépare à partir vers de nouvelles aventures.

    - Bonne nuit Papet !

    - Bonne nuit, mon petit !

    Doucement, le grand-père sort de la chambre, referme la porte et redescend dans son salon.

     

    Comme tous les soirs, après que son petit se soit coucher, il reprend l’album photo et fait jaillir en lui les souvenirs d’un passé douloureux. Il revoit les photos de sa petite Manon, de la naissance à son mariage. Qu’elle était belle en robe de mariée. Et  Vivien n’était pas mal non plus. C’était un bien beau mariage. On peut encore voire dans les yeux du jeune couple tout l’amour qu’ils avaient l’un pour l’autre. Et puis, la naissance tant espérer d’Antoine. Si longtemps attendu ! L’arrivé d’un petit ange brun aux yeux verts. Un poupon tout dodu, tout rond, que l’on ne pouvait pas s’empêcher de câliner ; les premiers pas ; les premiers mots ; le premier sourire ; la première rentrée des classes ; le premier chagrin d’amour. Et toute une vie qu’ils avaient réussi, tant bien que mal, à construire autour de se petit être si fragile.

    Malgré le pessimisme des médecins, Antoine grandissait bien. Sa santé n’était pas très florissante, mais il les surprenait un peu plus chaque jour par sa force de caractère et sa volonté d’arrivé au bout. Manon et Vivien étaient fiers de leur petit prodige, qui faisait fasse à la maladie comme un brave petit soldat. Et puis ce fut la délivrance, les médecins avaient déclaré Antoine définitivement guéri. Il pourrait vivre comme tous les autres enfants de son âge. Ils firent une grande fête avec tous leurs amis. Les années ont passés, tranquillement, simplement. Antoine continuait à se fortifier. Manon et Vivien avaient l’esprit plus libre. Ils envisageaient même de faire un petit frère ou une petite sœur. Tout  était bien dans le meilleur des mondes.

     

                Et ce fut LE SOIR ! Il était 21h30, Antoine dormait, le grand-père lisait. Le téléphone fit retentir une sonnerie sinistre. Le grand-père se leva brusquement pour décrocher. Au bout du fils, un gendarme ! La question qui fait si mal ! Les explications un peu confuses ! Appeler un voisin pour garder l’enfant ! Le départ précipité pour l’hôpital ! L’attente infernale pour s’entendre dire les mots funestes ! Tout était fini ! Manon et Vivien venait de les quitter pour toujours par la faute d’un chauffard ivre. A cause de cet homme, Antoine était orphelin. La vie n’était pas juste. Ils n’avaient pas le droit de lui retirer ses parents ! Et puis, ce fut le retour au chalet ! L’annonce à faire au petit ! Les funérailles ! Le chagrin qui semblait ne jamais vouloir les quitter ! Et enfin, l’habitude de vivre à deux ! La peine qui s’estompe un peu ! Les sourires qui reviennent doucement ! Et les millions de larmes que l’on cache.



    Commentaire de Angélique (16/09/2008 17:07) :

    Enfin un peu de temps devant moi tranquille pour venir te lire. Je croyais que les 2 histoires se suivaient alors un peu paumee la fille lol. J'aime toujours autant tes histoires meme si elles ne sont pas tres gaies elles me touchent c'est des sujets tres forts.





    PARCE QUE JE T'AIME

    02/09/2008 15:00

    PARCE QUE JE T'AIME


     

                                          Combien de fois ne nous sommes nous pas dit qu’il était  inutile de continuer ainsi ! Si nous ne parvenions pas à obtenir ne serais-ce qu’un instant de répit sur la banalité ou la monotonie de notre vie. Pourquoi s’accrocher à un rêve qui ne peut exister ? Pourquoi accepter la souffrance ? Combien de fois ne nous sommes nous pas sentis  seul malgré la foule qui nous entourait, malgré nos « amis » ? Et la Vie ? A quoi pouvait-elle bien servir ? A qui ??????????????????  Et pourtant ! Il existe tous les jours des petits miracles, comme des gros, qui nous poussent à toujours aller de l’avant.

     

                                          Une clinique privée entourée d’un parc magnifique.  Une équipe médicale mondialement reconnue. Un personnel au petit soin avec les patients. Des menus à la carte.  Des chambres particulières avec salon privatif. Bref, le paradis médicalisé !  

                                          C’est dans cette ambiance ouatée que Frank ROTMAN doit rester confiné depuis plus de deux semaines. Oh, tout est parfait ! Il ne lui manque rien ! Tout le monde est aux petits soins avec lui.  Parfois, on devance même ces envies. Seulement voilà, il n’en peut plus. Si ça continu encore longtemps, il va finir par craquer. Il en a assez qu’on le traite comme une poupée de porcelaine. Il en a mare qu’on le ménage. Il a envi de hurler. Il voudrait pourvoir leur dire STOP ! Il tourne en rond dans sa chambre comme un lion en cage. Mais une cage dorée !

                                          Le docteur DURIEUX n’arrête pas de lui dire « Patience ! » Il faut qu’il se ménage, qu’il se maîtrise. On s’occupe de lui. Il doit se laisser faire.

                                          Mais voilà justement le problème, il ne s’est jamais laissé faire. Il a toujours décidé  des directions qu’il devait prendre. Il n’a jamais rien laissé au hasard. Il a toujours tout planifié. C’était lui qui était responsable des autres. Sur un simple claquement de doigt, il pouvait décider de l’avenir d’un autre.

                                          Aujourd’hui, tout est bousculé. Plus rien ne tourne comme il faut. Il est là, assis sur son lit d’hôpital. Il attend, incapable, inutile ! Il a perdu ces rêves. Il a perdu ces ambitions. Il a perdu !!!!!! Il sait qu’il est condamné à très court terme. Il sait qu’aujourd’hui, il a besoin des autres pour vivre. Quelle ironie ! Lui qui s’est toujours battue pour défendre la vie. Il est là, à attendre la mort d’un autre. Sa vie dépend de la mort d’une inconnue. Il ne peut accepter cela. Pourquoi quelqu’un devrait-il mourir pour lui permettre, à lui, de vivre ? C’est ignoble ! Écoeurant ! Il voudrait en finir !

                                          Pourtant, chaque jour, quelque chose le pousse à s’accrocher encore à la vie. Il veut sentir l’aire emplir ses poumons. Il veut entendre son cœur battre. Il n’est pas plus fort, ni même meilleur, que les autres. Lui aussi à peur de mourir.

     

                                          Comme chaque matin, l’infirmière entre dans sa chambre. Le sourire aux lèvres, elle lui lance un « Bonjour » enjoué et léger comme le vol d’une plume. Elle ouvre les rideaux, sourit et  commence sont manège : température, tension, rythme cardiaque etc. Elle parle, monologue de la vie et du reste. Docile, il se laisse faire, écoute, car c’est ainsi ! Par pure politesse, il répond, mais le cœur n’y est pas. « Le cœur n’y est  pas ! » Cette expression le fait sourire. Sourire figé, forcé. Pour lui, c’est un jeu de mot, aussi bien au propre qu’au figuré. Depuis quelque temps, son cœur a décidé de s’inscrire aux abonnés absents. Il lui fait comprendre qu’il en a fait suffisamment, et qu’il est temps de laisser la place. Mais “on“ en a décidé autrement pour lui. “On“ a dit qu’il n’avait pas le droit de se laisser aller. Il est « Franck ROTMAN » ! Et voilà, le sort en est jeté. Sa vie ne lui appartient plus.                                     

                                          Il a l’impression de devenir un légume. Un bon gros et gentil légume ! Le Docteur DURIEUX, comme chaque jour, vient le voir vers 10 heures. Il vérifie le cardiogramme, les perfusions, plaisante, rassure. Il se veut réconfortant, lui affirmant que bientôt il pourra reprendre sa vie d’avant. « Avec quelques nuances quand même ! » Frank ne l’écoute même plus. Il connaît par cœur son discours. Tiens, encore une expression trompeuse. « Par cœur » ! Il lui affirme qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour le sortir de là. Il est quand même sont meilleur patient. Un rictus sur les lèvres, Frank à envi de lui dire : « C’est grâce à moi que votre foutu clinique tourne aujourd’hui. Avec tout ce que je vous donne chaque mois, vous n’avez pas besoin d’autres malades. » Mais, non ! Il se taira ! Comme d’habitude, trop bien élevé pour être ironique !

                                          Et le sablier continu d’égrener inlassablement le peut de temps qu’il lui reste si !!!!!

     

                                          Et Sandy ! Que dire de Sandy ! Oh, elle est très belle ! Petite jeune femme blonde, bouche rouge cerise, yeux bleus turquoise, dents blancheurs pub ! Toujours à la dernière mode ! Toujours à faire la une de la presse people.  Toujours à crier haut et fort qu’elle ne le quittera jamais, qu’il est l’homme de sa vie.  Brave petit soldat qui vient le voir tous les jours ! Elle lui interdit de déprimer. Il n’en n’a pas le droit ! Il doit montrer l’exemple. Mieux encore, il doit être “ l’exemple “ ! Celui qu’on envi ! Le meneur ! Elle n’a que ça à la bouche. A ce demander si elle l’aime lui ou ce qu’il représente ? Rien que de l’entendre, il en n’a des hauts le cœur. Et encore une ! « Des hauts le cœur » ! La langue française est truffée d’expressions complètement idiotes. Qu’est-ce qu’il aimerait tout foutre en l’air une bonne fois pour toute. Sandy et les autres ! Tartuffes et compagnies ! Des hyènes et des chacals qui n’attendent qu’une seule chose – quoi qu’il advienne être au festin !

                                         

                                          Et ce matin plus particulièrement que d’habitude, il en a plus qu’assez. Il a prévenu l’infirmière qu’il ne voulait voir personne. C’est fois c’est fini, il craque. Il envoi voler dans sa chambre son petit déjeuné. L’infirmière panique. Elle ne l’a jamais vu comme ça. Lui toujours si calme, toujours si aimable, si charmant ! Elle sort de la chambre en courant et part à la recherche du docteur DURIEUX.

                                          « C’est ça partez ! Partez tous et laissez-moi ! » Il veut rester seul. Il souffre ! Oui, lui aussi Frank ROTMAN souffre ! Et alors, ça gène quelqu’un ? Qu’on le laisse ! Qu’on lui fiche la paix ! Il ne veut plus de ce cœur ! Il ne veut plus que l’on meurt pour lui ! C’est lui qui doit partir ! Son souffle est court. Il s’écroule sur son lit, blanc de douleur et de frayeur. Son cœur ! Son cœur lâche ! Il pose la main sur sa poitrine. Son cœur va exploser. Qu’on en finisse une bonne fois pour toute ! « J’ai mal ! J’ai peur ! Je veux mourir ! Je veux vivre ! » Il ne sait plus où il en est.

                                          Le docteur DURIEUX arrive à son chevet. Il ne l’entend pas, ne le comprend pas. Les lèvres de praticien bougent sans sortir de son. On le perfusion, l’oxygène, le pique. Et l’autre qui continu de lui parler. C’est alors, dans l’épaisseur de son brouillard, un mot parvient à atteindre son cerveau : « cœur » ! Et il sombre dans un abîme sans fin !

     

                                          Une lumière diffuse apparaît au loin. Le blanc laiteux s’estompe peu à peu pour faire place à des formes plus ou moins nettes. D’autres couleurs se superposent. Le kaléidoscope s’éclaire. Quelque chose gène. Il faut l’enlever. Il faut respirer. Il  faut ouvrir les yeux.

                                          Frank suffoque. Il essaye de retrouver ses esprits. Est-il mort ? A-t-il suivi le chemin qui mène vers le passage ? Et ses voix ? Est-ce celle des anges ? Du diable ? Petit à petit, il parvient à remettre en place le film de son histoire. Il commence à réaliser. La chambre d’hôpital ! Une douleur fulgurante sous la poitrine ! Une envi de partir ! Et puis plus rien. Il tousse pour essayer d’évacuer se qui l’empêche de respirer. Il veut ouvrir les yeux, mais n’y parvient pas. Il entend des pas, des voix qui s’active autour de lui. Après un terrible effort, il parvient à lever ses paupières. Il voit ! Il n’est plus dans la même chambre. La pièce est plus grande, plus encombrée aussi. Il se sent oppressé. Il a besoin de bouger. Il se redresse un peu, mais une main le retient doucement, l’installe et le rafraîchit. Le docteur DURIEUX se penche sur lui tout sourire.

    - L’opération c’est bien passée ! Vous l’avez échappé de justesse !

                                          L’opération ? Alors c’est fait ? Il a un nouveau cœur ? Ce n’est pas possible ! Il a envi de rire et de pleurer. Il prend conscience, petit à petit, que quelqu’un vient de mourir pour lui permettre de vivre. Alors, c’est comme ça ? Il a été décidé qu’il vivrait ? Soit ! Qu’il en soit ainsi, il vivra donc. Mais il ne vivra plus que pour lui-même, non ! Il ira jusqu’au bout pour celui ou celle qui lui a permis de reprendre le coure de sa vie.

     

                                          Plusieurs semaines sont passées. Franck ROTMAN support très bien sa greffe. Il a repris ses affaires, et tout marche à merveille. Sandy n’est plus auprès de lui. Il lui a dit que c’était fini. Elle est partie en larme, bien sûre, mais avec un gros chèque pour essuyer ses yeux. Le chagrin ne durera pas ! D’ailleurs, aux dernières nouvelles, elle est déjà avec quelqu’un d’autre. Pourquoi perdre du temps alors qu’il y a encore de gros pigeons dans le pays.

                                          Il garde toujours dans sa tête, le besoin de connaître la personne grâce à qui il a renaît de ses « cendres ». Mais le docteur DURIEUX et toute son équipe refuse de lui dire quoi que se soit. Les dons d’organes restent anonymes.

                                          Il a de l’argent, beaucoup d’argent, alors, il n’y a pas de raison pour qu’il ne trouve pas. Il embauche même un détective privé. Mais celui-ci n’arrive à rien. C’est toujours la même réponse : ANONYMAT. A croire que le donneur n’a existé que pour sauver Franck. Il est déçu, et finit par laisser tomber.

     

                                          Lors de sa dernière visite de contrôle, le docteur DURIEUX lui confirme que le traitement a parfaitement bien marché. Il n’a plus besoin de médicaments contre le rejet. Il est totalement guérit et son nouveau cœur est devenu vraiment le siens. Maintenant, c’est de la routine.

                                          En retournant à son bureau, Franck découvre une étrange enveloppe brune. Pas d’adresse d’expéditeur. Il l’ouvre. Il y découvre une photo. C’est une photo de lui et de quelques camarades de fac avec qui il a fait les 400 coups.

                                          Des flashes lui reviennent en mémoire. Il se souvient de cette journée. C’était la fin de l’année, la fin des études. Toute la bande avait décidé de fêter leur libération et leur entrée dans le monde du travail et des affaires. En regardant de plus près, il peut se souvenir de chacun d’eux. Il y avait Tom, le sportif ; Antoine, le scientifique ; Greg, l’écolo ; Simon, le rêveur. Et derrière lui, la main posée sur son épaule, Betty. BETTY ! A la pensée de se prénom, Franck ce met à sourire.

                                          Comment a-t-il pu l’oublier si longtemps ? Elle avait toujours était là pour lui. Dès qu’il avait des  problèmes de cœur, c’était elle qui le réconfortait. Elle savait toujours trouver les mots justes pour lui redonner du courage. Quand il était tombé amoureux de Sandy, c’était Betty qui avait organisé leur première soirée en tête à tête. Et tout naturellement, il était venu lui raconter comment cela c’était passé. Elle était vraiment son meilleur copain. Avec elle, tout était si simple, si claire ! Qu’était-elle devenue ? Pourquoi avoir coupé tout lien avec elle ?

                                          Puis en retournant l’enveloppe, il découvre une coupure de journal. Il s’agit d’une nécrologie.

    « Mr et Mme VALANCE ont la douleur de vous faire part de la mort de leur fille Betty, décédée le 18 octobre 2007, à l’âge de 35 ans dans un accident de voiture. » 

                                          Soudain, Franck se sent oppressé. Son cœur semble bondir dans sa poitrine, comme s’il voulait en sortir. Il se tient la poitrine. Il a du mal à respirer. La photo tombe sur le sol. Il reprend son souffle et la ramasse. En la retournant, il découvre ces quelques mots :

    « Pour toi, parce que je t’aime. Betty. » !

                                          Il se fige. Toute sa vie défile devant ses yeux. Il se redresse, pose sa main à nouveau sur son cœur. Et un flot de larmes coulent de ses yeux.

     



    Commentaire de Angélique (02/09/2008 18:13) :

    Que dire de plus sur tes ecris ma belle... J'étais deja fan de toi il y a un an et je le suis toujours je viens de tout lire d'une traite et voila je fini les larmes aux yeux... Tres touchante cette nouvelle et si bien racontee... Bon je suis toujours fan et j'attends que tu sortes un bouquin et je veux une dedicace ! Bisous





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